Premier jour d’adaptation en crèche: pas facile pour mon coeur de maman

Ce matin Bout’chou a fait son premier jour d’adaptation en crèche. Je m’en réjouissais depuis longtemps. Pour lui, qu’il puisse jouer avec de petits copains et découvrir de nouveaux jouets. Et pour moi puisque j’ai l’ambition de lancer mes activités en tant qu’indépendante et que je trépigne d’impatience de pouvoir travailler un peu plus que ce que j’arrive jusqu’à présent.

Nous voilà donc arrivés à 9h30 à la crèche ce matin, plein d’enthousiasme pour Bout’chou d’aller jouer dans un nouveau lieu rempli d’enfants et plein d’espoir pour moi de bientôt récupérer des journées complètes pour moi.

Souhaitant me faire discrète pour laisser Bout’chou trouver ses repères, je m’installe sur une chaise d’enfant dans un coin de la pièce. Et tout semble bien démarrer. Bien sûr il est tout timide au début, n’ose pas trop bouger, observe tous ces nouveaux visages et me regarde d’un air interrogateur l’air de dire « qui sont tous ces gens, Maman? » Une fois le premier quart d’heure passé, il remarque la présence d’un tobogan, et ni une ni deux, le voilà qui accourt et enchaîne les descentes.

Un peu plus tard, il regarde par la baie vitrée et s’exclame de joie à la vue des tricycles et draisiennes qui sont dans le jardin. Il me demande de pouvoir aller dehors, et on me répond que l’herbe est mouillée (à la maison ça m’aurait été égal, il suffit de se changer avec des vêtements propres quand on rentre, mais je comprends qu’avec une dizaine d’enfants ce ne soit logistiquement pas gérable). J’explique donc à Bout’chou que l’herbe est mouillée, qu’à la crèche les règles sont édiquetées par les puéricultrices, et qu’elles ont dit qu’il fallait attendre que l’herbe soit sèche avant de sortir. Triste, il vient chercher un câlin puis repart jouer.

A côté de ça, j’entends des nourissons qui hurlent depuis notre arrivée. En discutant avec les puéricultrices, je finis par comprendre qu’il y a là-haut 4 nourissons, et une puéricultrice qui passe voir toutes les 15 minutes comment évolue la situation. « Ben oui, si on reste dans la pièce, ils continuent de pleurer et ne dorment pas ». Mon coeur de maman fait un petit bond… elles ne vont quand même pas laisser pleurer ces bébés toute la matinée? Je ne doute pas qu’ils finiront pas s’endormir d’épuisement, mais comment dire, n’ayant laissé hurler mon enfant que parce que j’étais épuisée et à bout, j’ai un peu de mal à comprendre qu’une puéricultrice dont c’est le métier d’accompagner des bébés réagisse ainsi. Passons…

J’avais pris dans mon sac un thermos histoire de pouvoir boire une tasse de tisane en regardant jouer Bout’chou. Me voyant faire, il revient vers moi me faisant signe qu’il a envie de transvaser (il adooooooore transvaser, de l’eau évidemment, mais aussi des perles de décoration, du céréales,…). Une fois de plus, je lui explique qu’on ne fait les mêmes activités à la maison et à la crèche. Et comme il me demande à boire, je lui sert un verre d’eau. Arrive alors vers moi une petite fille d’un et demi, tenant dans la main une partie de jouet qui a presque la forme d’un gobelet. Elle me le tend, et instinctivement je lui demande si elle veut boire elle aussi. Timidement, elle me fait signe de la tête que oui. Les 3 puéricultrices étant occupées à donner la panade aux nourrissons, je leur demande où est le verre de cette petite fille et je le lui tend. Elle se jette dessus et le vide d’une traite, en entendant derrière moi « ah oui elle, elle est capable de boire 3 biberons d’eau par jour ». Et quoi, malgré ça vous ne donnez à boire qu’au moment du repas? Je suis choquée…

Entre-temps, Bout’chou essaie aussi de prendre une des petites chaises empilées dans l’idée probablement de grimper dessus et de mieux voir ce qui se passe dans la cuisine. A moins que ce ne soit pour enjamber la petite barrière et aller chercher un jeu qui se trouve dans la pièce d’à côté. A défaut d’arriver à soulever les chaises, il monte sur un gros coussin et essaie d’atteindre le verrou de la petite barrière. J’interviens en lui expliquant que si elle est fermée, c’est justement pour qu’il reste dans cette pièce-ci. Malin comme tout, il oublie alors le verrou et essaie carrément d’enjamber la barrière. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en le voyant essayer. Mais je n’ai pas non plus pu m’empêcher de penser « Quelle idée de laisser des jeux visibles mais hors d’atteinte des enfants »

L’adaptation étant terminée pour la journée, nous rentrons à la maison pour le déjeuner. Bout’chou confirme qu’il s’est bien amusé et qu’il a envie de revenir demain. Ce qui me rassure un peu, mais mon coeur de maman est tout serré… Ce genre d’évènement et d’attitude est-elle habituelle dans les crèches bruxelloises? Est-il normal de laisser pleurer les nourrissons toute la matinée? De ne pas laisser un verre ou un biberon d’eau à disposition de chaque enfant? Et puis pourquoi ne pas organiser de jeux dirigés quand les parents sont là? Moi je trouve que c’est justement le bon moment pour montrer comment se passe réellement la vie quotidienne à la crèche. C’est peut-être bien une des meilleures façons pour rassures les parents et leur montrer comme la crèche s’occupe bien des enfants, non?

En tout cas, après cette première expérience mitigée pour mon coeur de maman, je ne peux m’empêcher de me poser de sacrées questions sur l’accompagnement que notre société souhaite offrir à nos plus jeunes enfants… Et plus directement pour Bout’chou, ce sur quoi je suis prête à lâcher prise et à me dire « tant pis si c’est moins bien qu’à la maison », et ce sur quoi je n’arrive tout simplement pas à fermer les yeux, parce que vraiment trop important à mes yeux. Car une stimulation intellectuelle moins forte est probablement ce sur quoi je lâche prise le plus facilement. Mais impossible pour moi de lâcher si on n’apporte que peu d’affection à l’enfant, la construction de sa sécurité affective est trop importante à mes yeux!

Et vous, sur quoi êtes-vous prête à lâcher prise, et sur quoi ne vous est-il pas possible de le faire?

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