Avoir un premier enfant, c’est devoir faire un deuil

Ce soir, 4ème et dernier cours de calligraphie avant un petit temps… Nostalgie de ma vie d’avant où je pratiquais librement et aussi souvent que je le souhaitais mes passions. Manque de bol, des passions j’en ai beaucoup. Je manquais déjà de temps pour tout faire quand j’étais sans enfant, alors maintenant…!

Or il se fait qu’on m’a récemment partagé un article… sur le regret de certaines femmes d’être maman (à lire ici)

Sujet tabou à l’ère où la femme a la possibilité (ou le devoir?) de gérer sa fécondité et où de plus de plus de couples font appel à la PMA pour avoir un enfant. Sujet tabou aussi parce que quand on évoque le regret d’être mère, l’inconscient collectif fait le raccourci entre regret et non-amour, alors que ces deux émotions ne sont pas forcément liées.

Alors ce soir, comme cela m’est déjà arrivé d’autres soirs, oui je regrette d’avoir un enfant… car je regrette ma liberté d’autrefois. Je regrette de ne pas pouvoir jouir de mes journées comme je le voudrais, je regrette de devoir systématiquement faire passer les besoins de mon bébé avant les miens (aussi normal soit-il de le faire).

Je vous entends déjà vous insurger « quelle égoïste ! » Hé bien non, ce n’est pas de l’égoïsme : pour pouvoir être bien avec les autres et prendre soin d’eux, il faut d’abord être bien soi-même. Et quand on a besoin de réparer certaines blessures du passé au risque qu’elles ne se referment jamais, il faut prendre le temps nécessaire pour les cicatriser. Mais voilà, aujourd’hui ce temps je ne l’ai plus…

Faut-il pour autant postposer l’arrivée ou l’envie d’avoir des enfants ? Vaste débat… Encore faut-il avoir précisément conscience des bouleversements liées à la parentalité, ce qui est rarement le cas. Car même si on en a une idée théorique, le vivre au quotidien est très différent ! Quel parent pourrait se targuer d’avoir réellement mesuré et anticipé les changements qu’un premier enfant engendre?

Ne venez pas non plus me dire que « je n’aime pas mon enfant pour regretter ma liberté ». Car l’amour n’a rien à voir là-dedans. Bien sûr que j’aime mon enfant. Cela fait 6 mois que nous faisons pratiquement tout ensemble, 6 mois que nous apprenons à nous connaître, 6 mois que nous nous apprécions de plus en plus… comme dans toute relation humaine grandissante.

Mais voilà, personne ne m’avait prévenue qu’en même temps de donner la vie, j’aurais un deuil à faire… Celui de ma vie d’avant.

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